Avant qu’il ne nous surprenne, je vais vous décrire
un animal superbe et à l’image des paysages qui
nous entourent.
C’est Rupicapra rupicapra que l’on
appelle chamois dans le langage courant.
Agile
et méfiant, ce mammifère particulièrement
bien adapté à la vie en montagne, est très
répandu dans la région comprise entre le Pic
de Tenneverge et le Cheval Blanc sur le versant Fer-à-Cheval.
C’est sur le versant occidental dans ces landes et pelouses
alpines riches en herbe que l’on rencontre le chamois
en hardes importantes. Sous la Pointe des Cavales, versant
Sixt, il m’est arrivé de compter en été
plus de 250 chamois rassemblés sur les névés
pour faire la sieste et se rafraîchir des chaleurs estivales.
L’hiver, une bonne partie de ces troupeaux se cantonne
souvent juste au-dessus du lac d’Emosson dans les pentes
orientales qui mènent au col de Tenneverge. Ces endroits
ventés sont souvent déneigés durant l’hiver.
Ailleurs sur le Tour du Ruan, on croisera plutôt de
petites hardes isolées composées de 4-5 animaux.
Le chamois mâle est appelé “bouc”
et la femelle “chèvre”. Le “chevreau”
est un jeune né durant l’année, “l’éterlou”
ou “l’éterle” est le mâle ou
la femelle né l’année précédente.
Pour la vieille chèvre généralement stérile
on parle de “bréhaigne”.
Le mâle pèse entre 40 et 50 kg et la femelle
de 30 à 35 kg. La tête du chamois est coiffée
de cornes qui croissent avec les années. Les anneaux
permettent de déterminer l’âge de l’animal.
Le chamois mue deux fois par année. La première
mue se fait entre avril et juin, la seconde entre septembre
et novembre. Le rut du chamois a lieu du 15 novembre au 15
décembre. Les boucs rejoignent alors les femelles sur
les places de rut. Les mâles se livrent à des
combats, et les mâles dominants ont droit à l’accouplement.
En général, les chevreaux naissent en mai ou
début juin. La période de gestation est d’environ
170 jours. Avant la mise bas, la femelle se débarrasse
de son chevreau âgé d’un an. Puis elle
va s’isoler au calme dans un endroit qu’elle retrouve
généralement à chaque mise bas. La première
semaine, elle est particulièrement vigilante et elle
reste cachée avec son petit.
Le chamois est un animal puissant. Il peut s’élever
de 1000 mètres en un quart d’heure. Son sang
riche en globules rouges lui assure une bonne oxygénation
pendant l’effort. C’est un animal essentiellement
diurne, en effet il se déplace surtout la nuit et éventuellement
le jour s’il a été dérangé.
L’aigle, le renard, le lynx et le chasseur sont les
principaux prédateurs du chamois. Durant les hivers
rigoureux, un taux de mortalité chez les plus jeunes
peut atteindre 40%. C’est une régulation naturelle
des populations.
Cet oiseau est certainement le plus familier pour les randonneurs
et les montagnards. Il est souvent appelé à
tort “choucas”. Ce dernier est son cousin et il
ne fréquente que la plaine.
Notre chocard a un bec jaune, un plumage noir et des pattes
rouges. Le choucas a un bec noir, un plumage noir et des pattes
noires.
Partout sur le Tour, nous croisons cet oiseau sympathique
qui appartient à la famille des corvidés (passereaux).
Il fréquente les milieux d’altitude tout au long
de l’année. On a pu l’observer au-dessus
de 4000 mètres dans le massif du Mont Blanc par exemple...
Mais également à plus de 8000 mètres
dans les massifs himalayens. Durant l’hiver, il lui
arrive de descendre en plaine. On l’a observé
en ville de Martigny. Il s’agit de jeunes individus
qui évitent la fréquentation des stations de
ski, sites où la compétition avec les adultes
(dominants) est la plus intense. En observant le chocard,
on peut voir que certains sont pourvus de bagues de couleurs
différentes afin d’identifier chaque individu.
Entre les années 1985 et 1995, plus de 600 chocards
ont été capturés et bagués en
hiver dans le village du Tour près d’Argentière
(vallée de Chamonix), et dans la décharge de
Flaine (Haute-Savoie).
Le chocard a sa période de reproduction vers le mois
de mars. Il niche au fond des fissures dans les falaises.
En ce qui concerne notre région parcourue, les nids
se trouvent entre 2000 et 2900 mètres d’altitude.
La femelle pond un à cinq œufs qu’elle couve
durant 18 à 20 jours. Le mâle vient la nourrir
au nid. Les reproducteurs élèvent en moyenne
deux jeunes par an en une seule ponte. Les jeunes se différencient
des adultes durant leur première année par la
couleur noire de leurs pattes. Les jeunes d’un même
massif se rassemblent vers le mois de septembre pour passer
l’hiver ensemble et, au printemps, ces bandes d’immatures
se séparent et, chacun d’eux intègre un
groupe d’adultes au sein duquel il se reproduira à
l’âge de 3 ou 4 ans.
Durant notre trek, à chaque pause pique-nique, il est
notre compagnon et il ne manque jamais l’occasion d’un
repas. Il est intéressant de leur lancer de la nourriture
à quelques mètres de nous et d’observer
le système de hiérarchie qui règne entre
chaque individu pour attraper son lunch.