Lors de cette dernière étape, on va retrouver
le contact entre les roches calcaires de la nappe de Morcles
et les roches cristallines silicieuses du socle des Aiguilles
Rouges.
Durant la matinée et jusqu’à Emaney, on
marche tantôt sur le socle, tantôt sur les roches
calcaires. L’après-midi, nous sommes sur des
roches silicieuses jusqu’à Emosson, et la flore
est typique de ce milieu. La montée vers le col d’Emaney
par le lac des Ottans reste un terrain de pelouses alpines
pâturées par le bétail comme sur l’autre
versant du lac.
Des quatre jours autour du Ruan, c’est sur le côté
sud du col d’Emaney, 2462 m, et durant toute la descente
vers l'alpage que la flore est à mes yeux la plus variée
et la plus dense. Les gentianes sont très fréquentes
notamment avec la “gentiane à feuilles d’asclépiade”
(Gentiana asclepiadea) et son magnifique bouquet de fleurs
azur foncé.
Citons également la “koch” (acaulis), la
“clusius” (clusii), la “printanière”
(verna), la “gentiane champêtre” (campestris)
et celle qui apparaît la dernière en automne,
la “gentiane ciliée” (Gentiana ciliata)
avec des fleurs d’un bleu tendre bordées de petites
franges.
La “centaurée nervée” (Centaurea
nervosa) est d’une belle couleur vert cendré.
Les fleurs bleu clair et en grappes du “lin des Alpes”
(Linium alpinum) sont en équilibre tout comme un acrobate
sur une tige fragile ballottée au moindre petit souffle
d’air. La superbe fleur bleu azur de l’”ancolie
des Alpes” (Aquilegia alpina) peut atteindre 8 cm de
diamètre sur une tige de 70 cm de hauteur. Cette plante
protégée au niveau national se présente
souvent en petits groupes isolés.
“Arnica, “crépide orangée”
(Crepis aurea), “anthyllide”, “trèfle
des Alpes” (Trifolium alpinum), “astragale”
ou encore “carline sans tige” (Carlina acaulis),
et plein d’autres encore, font la beauté de ces
pâturages et du site d’Emaney.
Dans la montée au col d’Emaney depuis Salanfe,
on passe au lieu-dit les Ottans, dans le secteur des anciennes
mines d’or et d’arsenic de Salanfe.